La 1ère partie :
Comme d’habitude à tous les concerts, je trouve le temps long, très long, trop long. J’envoie un SMS à quelqu’un « si un jour on fait de la scène avec moi on pourrait faire des purs retards artistiques pour se faire réclamer par la foule à la manière des Rolling Stones il suffit simplement que je sois simplement moi même ». Je demande à ma mère tous les 5 minutes l’heure trouvant le temps long, très long, trop long.
20 heures, un groupe rentre sur scène… Ils ne sont que deux et je me dis qu’ils ont oublié le reste des musiciens en coulisse ou alors c’est les nouveaux The White Stripes. Le chanteur nous salue et son guitariste commence à jouer sur une énorme guitare blanche et frappe avec son pied gauche sur une pédale afin de faire sonner la grosse caisse posée sur le sol.
Un concept intéressant, il manque plus que les cymbales entre les jambes et les klaxons au bout des chaussures pour faire l’homme orchestre à la manière de Rémy Bricka.
Toutefois les textes du chanteur sont assez profonds et poétiques, nos deux compères mettent l’ambiance surtout les déhanchements du chanteur que me rappèlent les vidéos de Dick Rivers et Eddy Mitchell au temps du Twist sauf que la musique ne twiste pas trop.
C’est le genre de groupe qui doit plaire à Télérama et à une certaine élite parisienne (celle qui aime Björk et qui lise Télérama) or pour ma part je me lasse vite et je suis pressé que ça se termine car je suis venu pour Cali et je n'ai pas besoin d'un magasine pour dicter mes goûts.
Vaillant, le chanteur chauffe le public en laissant à la foule « on dit qu’à Paris on ne sait pas faire la fête », le public siffle, pfff le jeune con me dis-je, viens on sort ensemble et tu vas voir comment je vais vomir sur toi comme un provincial, espèce de freluquet.
Autre fait marquant de cette performance live, le chanteur s’arrête de chanter mais sa voix continue à raisonner, le chenapan, il utilise le playback, Si ça se trouve le guitariste joue pour de faux, halte à l’escroquerie, vil coquin!
Le chanteur nous dit qu’il veut nous offrir une dernière chanson mais cette fois je lâche un « Oh non » qui est suivi par les spectateurs.
Son show se termine par cette phrase « gardez votre âme d’enfant ». Voilà il m’a plombé le moral…
Je vais être sympa avec ce groupe, le chanteur bouge beaucoup pour occuper l’espace, ses chansons sont toutes introduites intelligemment par des phrases bien trouvées, la communion avec le public est bonne et il interprète ses textes remarquablement bien. Puis un duo sur scène dont un homme orchestre c’est fun non ?
Cali :
L’attente est longue, très longue, trop longue pour moi. On devrait laisser les premières parties jouaient jusqu’à ce que l’artiste débarque et on les dégage aussi sec (d'un coup de pompe dans le cul par exemple), ça meublerait le temps d'attente qui est toujours long, très long, trop long...
L’écran géant (j’exagère j’ai vu 2 fois les Rolling Stones donc niveau écran géant forcement je suis blasé) diffuse l’image d’une manifestation.
La CGT comptabilise 1 000 000 de manifestants et la police seulement 500.
Un homme débarque avec un mégaphone, une casquette avec une étoile rouge visée sur sa tête et une chemise col Mao. Encore un intermittent du spectacle proche de la LCR qui vient revendiquer me dis-je, à quoi bon avoir un gouvernement de droite si c’est pour avoir un emmerdeur sur scène qui nous gâche le concert.
Surprise, en réalité c’est Cali !!!
Le show commence, je prends une grosse claque car le premier mot qui me vient à l’esprit : puissance.
Cali sonne comme du bon Noir Désir, il est accompagné sur scène d’un guitariste, d’un bassiste, de deux personnes qui jouent des cuivres, d’un clavier et d’un batteur.
Je m’intéresse au jeu du batteur que je trouve carrément impressionnant et spectaculaire (baguettes qui tournent entre les doigts, grands gestes pour frapper, jeu à 3 baguettes…) je me dis qu’il se la raconte, il joue comme Richard Kolinka (ex-Téléphone) pfff un copieur.
Cali après un démarrage en trombe, présente ses musiciens « à la batterie Richard Kolinka » comme quoi je n’étais pas la loin dans mon analyse du batteur, j'avais raison il n’y a que Richard Kolinka qui peut faire du Richard Kolinka.
Sur scène Cali court et sautille dans tout les sens, à la manière d’un Mick Jagger qui fait de l’aérobic sur scène à chaque performances des Rolling Stones.
Le son est parfait, la voix est audible et le public est conquis. Les anciens et les futurs hits s’enchaînent, ses textes retracent des moments qu’on a tous un jour vécu et Cali se fait militant pour la cause des sans-papiers mais aussi pour son association « un père = une mère ». Cali nous exulte à ne pas se laisser faire par ce gouvernement, chouette on va faire la révolution ce soir.
Cali veut plonger dans la foule comme tout bon rocker qui se respecte, il demande à la foule de le réceptionner sinon ça serait ballot surtout pour lui. Il commence son show de celui qui prend de l’élan pour sauter dans la fosse, il court…
Il s’arrête au bord de la scène et d’un doigt sur la tempe, il nous dit qu’on est fou, que maintenant plonger dans la foule, c’est fini, il est trop vieux, il s’est déjà pété le genoux, qu’il en avait marre des mains sur le cul et le corps (ah bon?). Tandis que derrière lui, l’écran montre une image d’archive de Cali en train de slammer sur les gens et il commente cette vidéo par un "j'étais jeune, beau et fou à cette époque."
Le concert continue et devient de plus en plus intimiste, Cali grâce à la scène avancée chante avec son orchestre au milieu de la fosse. Les drapeaux catalans flottent, je veux bien tolérer un sans-papier (quoique) mais pas un catalan !
Cali invite sur scène Mick Scott des Waterboys pour pousser la chansonnette avec lui. Cali ému, explique que Mick Scott et les Waterboys lui ont donné la vocation.
Par la suite le concert prend des allures des ferias, pitié j’espère que Félicien du loft ne fera pas son apparition.
Suprise ! Enfin Cali slamme sur les gens, se laissant porter par leurs bras et traversant le public puis regagne la scène, défroqué.
Cet homme est un passionné, il vit son concert à 100% et moi aussi ne ratant rien du spectacle. Il se dépense sans compter et donne tout pour son public, je soupçonne qu’il prend autant son pied que nous.
Il fait venir sur scène une chanteuse, je supplie pour que ça ne soit pas Olivia Ruiz, mes prières sont exhaussées, une femme tout de noir vêtue débarque sur la scène, je suis amoureux, j’ai envie de hurler « à poil » mais j’ai ma mère à coté et pas Julien… Elle avait des formes (pas ma mère suivez un peu) appétissantes (c’est nul ce que j’écris) et une mini-jupe qui laisse voir des fesses bien rondes… En duo, ils entonnent I wanna be your dog or ce soir pour cette chanteuse dont je n’ai pas retenu son prénom, je serai chienne pour elle.
Cependant, on ne peut rester insensible à cet hymne immortalisé par Iggy Pop et je regrette l’absence de l’iguane sur scène, message à Cali, la prochaine fois prend Iggy Pop mais n’oublie pas d’amener aussi cette chanteuse.
Sinon comme tout concert on a le droit au traditionnel rappel, Cali revient tout de blanc vétue et entame un chant irlandais avec les Waterboys (Mick Scott et Steve Wickham le violoniste), quel beau moment et que d'émotion.
Pendant tout le concert je passe par toutes les émotions et je remercie Cali pour ça.
Ensuite avec une guitare sèche il commence les accords de « c’est quand le bonheur? », qu’il va jouer une dizaine de minute, slammant de nouveau dans le public et ensuite il tente de rejoindre les gradins pour chanter parmi la foule qui applaudit en rythme la chanson : un grand moment.
Cali fait le tour du Zénith tout en continuant à chanter pour que tout le monde puisse profiter de sa proximité.
Le concert ne veut plus s’arrêter et on continue dans l’émotion, Cali fait monter une petite fille sur scène et se promène avec elle (le genre de truc qui me touche car souvent les artistes sont inaccessibles surtout auprès du jeune public), il entame un ballet avec elle, lui offre une écharpe qu’il enroule autour d’elle comme un père, plaisantant Cali lui cache les yeux pour jouer à colin maya et il la fait tourner sur elle même pour la désorienter, il s'amuse avec cette fillette rieuse alors que derrière sur l’écran un couple se roule une pelle d’anthologie. Cali nous montre l’écran, protège l'enfant en mettant ses mains sur les yeux de celle-ci et attend la fin du clip pour les enlever ainsi que l’écharpe : il ne faut pas la choquer ! Voyons ! Une pelle ! A son âge ! Cali raccompagne la petite fille et la rend à ses parents, qui se roulaient une pelle pendant l'absence de leur fille ! Je plaisante, humour…
J’ai envie de prolonger la nuit avec cet artiste, oh, ça fait 2h30 qu’il chante, ah oué quand même.
Il termine son show sur une version techno de Dolorosa, j’espère qu’il n’a pas invité des jeunes qui dansent la tecktonik et conclue son spectacle avec une volée d’applaudissements qui n’en finit pas et que Cali a largement mérité en vue de la prestation offerte.
Les Waterboys ont donné la vocation à Cali or je crois que lui il m’a réveillé le pourquoi j’ai acheté une guitare basse.
Un conseil, allez le voir.